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Drôle de trams

Après les Trains en banlieue, le musée de Nogent-sur-Marne, en partenariat avec la RATP et le Musée des Transports Urbains, poursuit son exploration du monde des transports et présente Drôles de Trams. Une exposition consacrée aux transports de surface en Ile-de-France, avec les tramways, autobus, omnibus et autres trolleybus. Une histoire d’éclipses et de retours…

Les transports publics parisiens s’organisent en 1828 : dix compagnies d’omnibus à chevaux exploitent une quarantaine de lignes à Paris et en banlieue. Elles fusionnent en 1855 sous le nom de Compagnie Générale des Omnibus, qui est le premier service public en matière de transports. Des voitures de 10 à 16 places circulent en banlieue, concernant surtout les Parisiens en villégiature ; le chemin de fer aura raison de diverses lignes. Sur la voie d’eau, les bateaux de la Compagnie Générale des Bateaux Parisiens, créée en 1886, sillonnent la Marne et la Seine, entre Charenton et Suresnes. Jusqu’en 1900, la moyenne annuelle des voyageurs s’élève à 25 millions. La Compagnie, victime du tramway et du métro, disparaît en 1934.

Les tramways apparaissent en 1874. Ils sont tirés par des chevaux jusqu’en 1887, puis la traction mécanique se développe. La banlieue innove : sur les Chemins de Fer Nogentais – à air comprimé – apparaissent les premières automotrices : un même véhicule abrite à la fois les machines et les voyageurs. Innovation encore pour la banlieue avec l’électricité. Les Tramways Nord perfectionnent l’usage des accumulateurs ; la ligne du Raincy à Montfermeil utilise en 1895 le fil aérien, interdit, pour l’esthétique, dans Paris. Parmi les curiosités, l’exposition présente l’étonnant tramway funéraire de Vincennes. En 1913, circulent les derniers omnibus et tramways tirés par les chevaux. Les tramways sont supprimés entre 1930 et 1938. En 1992, après un demi- siècle, le tramway revient en Ile-de-France, sur la ligne Saint-Denis – Bobigny. En 1997, le Val-de-Seine relie La Défense à Issy-Plaine.

L’autobus circule dès 1906 à Paris. Il faut attendre 1922 pour qu’il se développe en banlieue. Mais, dès 1910, des services touristiques desservent, le dimanche, les bords de Marne et de Seine. Pendant la dernière guerre, les autobus sont réquisitionnés pour le transport des troupes. Fin 1940, 500 voitures (sur 4 000) sont converties au gaz en raison de la pénurie d’essence pour assurer à nouveau les transports publics. L’exposition relève les efforts de reconstruction d’après-guerre, avec la toute nouvelle RATP (créée en 1949). Dès 1945, le plan « des 1 000 voitures » coordonne 47 lignes de banlieue avec 700 autobus (300 à Paris pour 12 lignes). Priorité est donnée à la banlieue pour coordonner le réseau bus avec les autres types de transport. En 1955, le réseau comprend 148 lignes soit 1 342 km (52 lignes pour paris, 96 pour la banlieue). 2 476 véhicules composent alors le parc. Entre 1960 et 1973, l’autobus connaît une crise importante : l’époque privilégie le trafic automobile. La RATP réagit par la création des couloirs de bus et l’équipement radio des véhicules. En juillet 1975, la création de la carte orange fait exploser la fréquentation des autobus. Leur rôle est capital pour les communes éloignées des axes ferroviaires, dont il permet de gagner les gares. Les documents les plus variés illustrent cette longue histoire qui présente, dans sa conclusion, les plus récents projets de la RATP.